L'Europe, un projet américain
Après 1945, l’intégration européenne portait une promesse de paix, de prospérité et de démocratie. Soixante-dix ans plus tard, l’espoir a cédé la place au cauchemar. L’austérité budgétaire asphyxie l’économie du continent et met à mal la démocratie libérale ; l’extrême droite gouverne dans plusieurs États ; l’Union européenne participe à de nombreuses guerres dans la périphérie et s’est engagée sur la voie du réarmement.
Pour expliquer cet échec, on a coutume de pointer le « manque d’intégration » économique et institutionnelle. Plus d’Europe ! Voilà ce qui permettrait d’éteindre les rivalités entre les différents États-nations. À rebours de ces interprétations, cet ouvrage montre que les dysfonctionnements sont inhérents à la construction de l’Union européenne, en étroite négociation avec la superpuissance américaine.
Le projet d’« Europe sociale » est contesté dès la fin des années 1970 par la tendance néolibérale, qui s’organise à l’échelon transnational. À l’inverse, les mouvements sociaux ne parviennent pas à dépasser le cadre national. Cette tendance transatlantique, dominante au sein de la Commission, n’a cessé de se renforcer depuis la chute de l’URSS. Elle plonge l’UE dans l’austérité structurelle, la place dans une rivalité croissante avec la Chine et la maintient dans la vassalité à l’égard des États-Unis.




