Des colères agricoles à la lutte des classes
Ces dernières décennies, la financiarisation et la concentration que subit le monde agricole engendrent une cascade de conséquences dramatiques – économiques, sanitaires, sociales, écologiques et humaines. L’agriculture, on le sait, est malade du productivisme.
Comment en sortir ? Et comment donner un débouché politique à la colère et au malaise paysans ? Il faut déjà apprendre à regarder la réalité telle qu’elle est, au-delà des discours idéologiques tenus par des syndicats défendant les seuls intérêts des grands propriétaires. Le monde agricole est socialement divers, fragmenté en une pluralité de classes et de fractions de classe.
Peindre ce tableau complexe et nuancé du monde agricole, mettre en évidence les schémas d’exploitation, comprendre qui possède quoi, où vont les profits, qui est en position de décision et de pouvoir, c’est constater qu’il existe une classe d’exploités et une classe d’exploiteurs.
L’agriculture touchant à la subsistance même de notre société, les forces de gauche doivent renoncer à leurs vieux préjugés sur la paysannerie pour envisager les conditions d’une alliance avec ses catégories les plus exploitées. Ce livre représente un premier pas dans cette direction.



