Géopolitique de l'intelligence artificielle
Une coédition avec Le Monde diplomatique
Technoféodalisme, technofascisme… Ces dernières années, un nouveau créneau éditorial se développe à gauche. Chercheurs et politiques rivalisent de concepts et de théories pour annoncer que la Silicon Valley a précipité le monde dans une nouvelle réalité.
Dans Géopolitique de l’intelligence artificielle, Evgeny Morozov formule une hypothèse plus modeste mais surtout plus puissante : la domination sans partage des Big Tech américaines est le dernier acte d’une pièce qui s’écrit depuis plus d’un siècle – la diplomatie du microprocesseur a simplement remplacé celles du dollar et du pétrole.
L’auteur montre que la course effrénée à l’intelligence artificielle avec la Chine, érigée en guerre froide 2.0, masque une formidable reprise en main de l’économie par l’État américain, mais un État piloté par des banquiers d’affaires. Cet enthousiasme nouveau à l’idée d’un État fort, à même de stimuler le développement de l’IA, a pour objectif de préserver la domination technologique et militaire de l’Amérique sur le reste du monde. Dans cette nouvelle donne géopolitique, l’Europe brille par son absence, et ses appels à développer une « IA souveraine » apparaissent bien illusoires.
Pour faire face à de tels enjeux et envisager un socialisme post-IA, la gauche gagnerait à abandonner les théories fumeuses : pour s’attaquer au capitalisme, encore faut-il l’appeler de son vrai nom.




